Interview avec Disiz
Par Marcello
Avec son troisième album, sorti le 3 mars dernier, Disiz la Peste nous offre un album métissé avec des sonorités aussi bien près du rap que du jazz et l’électro.
À la manière d’un procédé de mue, Transe-Lucide est le procédé final – la larve devenue papillon – Disiz semble s’être affranchi des carcans du rap notamment l’empreinte musicale ou même en terme de flow : le rappeur nous trompe volontairement au début de son album, le son commence par ‘Banlieusard Syndrome’ avec une production orientée rap – sans équivoque – nous rappelle une instru façon Orelsan. Etant donné la production de Skread, le parallèle est facile !
Les titres qui suivent – ‘Miskine’, ‘Kamikaze’, ‘Rap Genius’, ‘Fuck les problèmes’, ‘MC Kissinger’ – sont orientés très électro, l’oreille est déroutée par ce métissage. Dans son écriture, Disiz n’hésite pas à prendre une distance avec le #rapgame et même la société en y portant un œil critique et cynique.
- Le son ’Rap Genius’ marque son affranchissement et la valorisation de son art, par la #punchtag :
‘J’suis mon patron, mon ouvrier, j’me suis affranchi #Scorsese‘
Dans ce son, il snipe le #rapgame et en disseque les acteurs qui ne font qu’alimenter les polémiques, on voit dans ces vers que Booba & Kaaris sont clairement visés en reprenant le vers phare du son ‘Kalash’ :
Et ma question préférée: « Qu’est-ce qu’on va faire de toute cette jeunesse ? »
Ma question préférée : « Qu’est-ce qu’on va faire des mecs de tièks ? »
Pour être honnête, c’est assez ironique quand on réalise qu’aujourd’hui ces deux rappeurs se clashent… Mais ces vers sont d’autant plus dans l’air du temps quand on sait que Kaaris sortait ‘Or Noir Part II’ ce même 3 Mars 2014 !!!
- Dans ‘Mc Kissinger’, il continue clairement à clasher Booba & Kaaris, en leur attribuant clairement une fonction de produit commercial dans l’univers du rap français :
» Ces MC d’merde me font doucement rigoler
Hardcore ? Mon cul, vous n’êtes bons qu’à consommer «
Le son ‘Spirales’ marque le changement de ton de l’album, on sent vraiment que musicalement il veut s’affranchir des codes la mélodie est douce; le propos reste noir mais tout aussi réfléchi …
‘Burn out’ (Sayonara) se purge de son cynisme finit les visions noirs on part vers une nouvelle ambiance, d’ailleurs s’en suit l’interlude ‘Eau’ comme pour liquéfier nos sentiments troublés !
Dans cette deuxième partie de l’album, l’introspection commence et Disiz entre dans la phase plus intimiste et personnelle dans cette forme de mue musicale !!
Comme dit en introduction, les titres ’Kadija’ & ‘Echo’ témoignent du virage plus personnel du rappeur, ces sons sont lumineux et réconcilient la personne de Sérigne M’Baye Gueye – AKA Disiz.
La conclusion ‘Happy End’ ferme le chapitre de la trilogie d’album du rappeur avec la volonté d’apporter une note positive à ses auditeurs.
À Inter-Peura nous avons apprécié le risque pris par Disiz dans cette approche presque philosophique du rap, la rime est littéraire et l’audience visée n’est pas prise en défaut. Le rappeur nous livre un essai rappé fort réussi et inspiré !
Nous vous invitons clairement à acheter cet album.






